Le Corbusier – Ozenfant

En 1923, l’architecte suisse Charles-Edouard Jeanneret construit avec son cousin Pierre Jeanneret cette maison-atelier pour le peintre Amédée Ozenfant, à l’angle de l’avenue Reille et du square Montsouris dans le 14ème arrondissement de Paris.
Amédée Ozenfant (1886 – 1966) affirme avoir été le premier client français de Le Corbusier. Il fut un proche de Fernand Léger, Le Corbusier, Marcelle Cahn, Willi Baumeister… Il exerça une forte influence sur le monde artistique des années 20. Il fut aussi un dessinateur de carrosseries, de vêtements …

Fondateur du purisme, il rédige avec Le Corbusier l’ouvrage Après le cubisme, critique du cubisme et de son héritage, qui pose les bases d’une nouvelle esthétique. Ils reprochent au cubisme son « indifférence à la vie moderne »  et déplorent le fossé qu’il a laissé s’installer entre lui et la pensée scientifique de son temps. À l’inverse, le purisme est la tentative de définition d’un grand art, clair et concerté, solidaire de la science, avec laquelle il aurait en commun l’usage du nombre, l’idéal de la généralisation – « la plus haute fin » et la « plus haute délectation de l’esprit » – et la recherche assidue de constantes et de lois. « De l’œuvre, disent Ozenfant et Jeanneret, doit se dégager une loi. » En art, ces lois se nomment invariants et sont en cohérence avec celles de la nature que les puristes ne voient pas « comme une féerie sans plan ».  Au contraire, « les lois [leur] permettent de considérer que la nature agit à la manière d’une machine »

La théorie puriste donne la définition d’un art classique au sens fort du terme : elle met en avant le caractère réfléchi et conscient de cet art, où le dessin prime sur la couleur, la conception sur l’exécution, le contrôle de la raison sur l’empirisme et le hasard, le statisme et la permanence sur l’accidentel et le pittoresque.

Cliché datant de  1922 – L’atelier était éclairé à l’origine par un toit d’usine en « dents de scie »

Un tableau peu connu de Gauguin

« La Fête Gloanec » , signé Madeleine B. (1888)
Musée des beaux-Arts d’Orléans – Acquis des héritiers de Maurice Denis.

 » Il y avait aussi, cette année là, à Pont-Aven Madeleine Bernard, sœur d’Emile et fiancée de Laval. Elle avait beaucoup de charme et Gauguin lui faisait assez cyniquement la cour. C’est à elle qu’il attribua une fort belle nature morte, la première de sa nouvelle manière, que Mme Gloanec avait refusé d’accrocher comme cadeau de fête dans la salle à manger: elle y avait été poussée par le parti adverse, notamment par un peintre nommé Gustave de Maupassant, qui passait pour le père de l’écrivain. Pour obtenir finalement que Mme Gloanec acceptât le tableau, Gauguin le signa Madeleine B., déclarant que c’était l’œuvre d’une débutante.* »
Maurice Denis acheta le tableau à Mme Gloanec.

Signé  Madeleine B.
La Fête Gloanec


* in : Paul Sérusier par Maurice Denis, Paris, Librairie Floury, 1942, p. 59

Eli Lotar

Éli Lotar – photographe français d’origine roumaine (1905-1969)


Eli Lotar face à son buste par Giacommetti
eli par giacommetti
Portrait d’Eli Lotar par Giacommetti


En 1927, Lotar fait la connaissance de la photographe allemande Germaine Krull, qui devient sa compagne. Il se met à la photographie. Ensemble, ils collaborent aux revues Jazz, Variétés,  Bifur et « Documents, la revue de Georges Bataille. Ils participent à de nombreuses expositions, souvent avec le photographe André Kertész.
Le goût de Lotar pour l’insolite marqué de pessimisme le rapproche du surréalisme. Son reportage sur les abattoirs de La Villette en 1929, illustrant l’article « Abattoir » du dictionnaire proposé par la revue de Bataille, Documents, est la partie la plus connue de son œuvre.

En 1933, Lotar filme les images du film de Bunuel Terre sans pain. Il commence à délaisser la photographie, se tourne vers le cinéma et multiplie les voyages. Membre du Groupe Octobre de Jacques Prévert, Lotar travaille avec les cinéastes Jacques Brunius, Joris Ivens, Jean Painlevé, Jean Renoir, comme photographe ou cameraman, et avec Marc Allégret, comme assistant réalisateur. Il est notamment photographe de plateau sur Partie de campagne de Jean Renoir.
En 1945, Éli Lotar réalise le documentaire Aubervilliers, écrit par Jacques Prévert, musique de Joseph Kosma.

 

Le Bal masqué de la Mi-carême à l’Opéra

Dessins de Gustave Doré – Le Journal Illustré, 7 mars 1864


« Suivons cette foule qui prend la route de l’Opéra et assistons jusqu’à la fin à ce bal, qui sera le dernier. […] Voyez ces gens faisant la haie à l’arrivée des masques qui se rendent au bal. […] On est pressé, bousculé par cette foule qui beugle, hurle, piaille, glousse, geint, mugit, râle, danse, rue, tombe, se culbute et nous offre le spectacle. Lord Byron en parlant des saturnales de nos jours gras les compare au carnaval de Venise. »
Eugène Chavette